Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État, chargée de l’Écologie.
En quoi les collectivités territoriales ont-elles un rôle à jouer dans le Grenelle de l’environnement ?
Les collectivités territoriales ont un rôle majeur dans la gestion publique de l’environnement. Tout d’abord, au titre du patrimoine qu’elles gèrent : bâtiments, éclairage public, flottes de véhicules et de leurs compétences de gestion : transports, déchets, eau, sol, distribution d’énergie. Leurs champs d’intervention sont directement concernés par les mesures du Grenelle de l’environnement. Ensuite, sur le plan financier, les collectivités ont supporté en 2005, le quart du total des dépenses consacrées en France à la protection de l’environnement. Ces dépenses ont augmenté de 12 % en un an. Elles sont donc particulièrement impliquées dans la gestion publique de l’environnement et ont constitué des acteurs incontournables dans la concertation du Grenelle de l’environnement. Enfin, et ce point est essentiel, elles sont l’interface privilégié entre les pouvoirs publics, les citoyens et les entreprises. Elles sont à la fois des relais essentiels pour informer et responsabiliser chacune des parties prenantes, mais également pour animer des projets.
Comment améliorer leur prise de conscience face aux enjeux de l’environnement ?
Le Grenelle de l’environnement a démontré l’ampleur de la mobilisation citoyenne sur les questions environnementales. La consultation du public a réuni environ 15 000 personnes dans les débats régionaux, a recueilli plus de 300 000 visites sur le site Internet en 3 mois et plus de 14 000 contributions en 17 jours. La population est en attente de changements au niveau national et local. Il est d’ailleurs évident que les enjeux écologiques seront au cœur des prochaines élections municipales. Certains élus sont déjà très mobilisés et poussent leur collectivité dans des programmes ambitieux, d’autres sont plus réservés. Il convient de les accompagner, de leur montrer la voie, d’expliquer qu’il existe des outils et des méthodes à leur disposition. Il faut valoriser les initiatives exemplaires. Dans l’ensemble, les élus sont volontaires, mais parce que le sujet est vaste et complexe, ils ont besoin de clés pour passer à l’action.
Quel peut être le rôle du CNFPT dans la formation ?
Il s’agit de mettre en place des formations diversifiées, très orientées sur l’action. Des formations organisées au sein des collectivités volontaires, permettant de les guider dans la construction et le développement de leurs projets. Des formations destinées aux cadres territoriaux, portant sur les méthodes, les outils disponibles et sur l’échange de bonnes pratiques. Des formations d’accompagnement pour les aider à bâtir des agendas 21 adaptés à leurs enjeux, orientées sur la participation, et l’évaluation qui sont des atouts majeurs dans ce type de démarche. Il faut associer les citoyens, les entreprises, les associations si on veut faire converger les initiatives et démultiplier les gestes de chacun. On pourrait aussi sans doute réorganiser les programmes autour des grands enjeux tels que le changement climatique, la biodiversité et la santé environnementale.