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Le dossier du mois

Entretien

Claude Brévan,  déléguée interministérielle à la ville

 

« La médiation sociale est au cœur des enjeux de la cohésion sociale et de la tranquillité publique »

Quelle est la place de la médiation dans le plan de cohésion sociale qui vient d’être voté ? Et dans le programme de rénovation urbaine ?

C. B. - Cette loi de programmation pour la cohésion sociale, adoptée par le Parlement le 20 décembre 2004, est assortie d’un plan d’action qui vise à traiter ensemble les grands problèmes  mettant en péril la cohésion de notre pays (chômage de longue durée, difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes, développement du nombre d’exclus, crise du logement, discrimination, difficultés du système éducatif dans les zones urbaines sensibles…). Parce qu’elle contribue à la prévention et à la lutte contre l’exclusion et au renforcement de la cohésion sociale, la médiation sociale est mentionnée dans le programme 18 de ce plan, intitulé « restaurer le lien social ». Il y est proposé de professionnaliser la médiation, en créant de nouvelles formations diplômantes, et de mettre parallèlement en place la validation des acquis de l’expérience pour l’ensemble des diplômes du travail social d’ici la fin 2005.

Pour sa part, la loi du 1er août 2003

d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine fait référence aux agents de médiation sociale dans ses annexes relatives aux objectifs et indicateurs de la politique de la ville dans les zones urbaines sensibles. La contribution des médiateurs sociaux au rétablissement de la tranquillité et de la sécurité  publiques est ainsi clairement mentionnée.

 

Comment les médiateurs peuvent-ils aujourd’hui réinstaurer le lien social ?

C. B. - Les médiateurs sociaux ne peuvent évidemment pas réinstaurer un lien social en dehors de démarches impliquant au premier chef les services publics. L’originalité et l’intérêt de l’intervention des médiateurs repose sur leur capacité à restaurer une relation de proximité en direction de publics en situation de fragilité ou d’exclusion. Pour des raisons diverses, ils ne sont souvent plus en capacité de trouver des solutions à un ensemble de problèmes et conflits de la vie quotidienne et à établir des relations normales avec les institutions et les services publics. Ces derniers doivent considérer la médiation comme un appui et non comme un moyen de se défausser de leurs missions de contact avec des publics désemparés.

 

La médiation a démontré son utilité. Doit-elle rester un service public ?

C.B. - Depuis une dizaine d’années, la médiation sociale s’est largement développée avec le soutien des pouvoirs publics, en particulier auprès des collectivités locales ou dans un cadre associatif, notamment aujourd’hui avec le dispositif adultes-relais. Portée de plus en plus par les institutions et bénéficiant d’une meilleure structuration, elle est à présent pratiquement reconnue d’utilité publique. Parce qu’elle est au cœur des enjeux de la cohésion sociale et de la tranquillité publique, la médiation sociale doit conserver un soutien important des pouvoirs publics même si les modalités de celui-ci doivent évoluer avec la sortie du programme « nouveaux services emplois jeunes ».

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