Mohamed Amine, directeur de l’Observatoire de la fonction publique territoriale
« Cette nouvelle édition des tendances de l’emploi territorial, pièce maîtresse d’un dispositif de veille sur l’évolution de l’emploi et des métiers territoriaux, apporte un éclairage sur les tendances de recrutement et les défis de gestion des ressources humaines auxquels sont confrontées les collectivités : résorption de l’emploi précaire, renforcement de l’encadrement, remplacement ou non des départs à la retraite, professionnalisation et formation de leur personnel…
Les résultats des tendances de l’emploi territorial sont également déclinés par type de collectivité et par région, consultables et téléchargeables sur
www.observatoire.cnfpt.fr
Bérangère Vedel, responsable de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences à la Communauté d’agglomération du Grand Alès en Cévennes
“ Cette enquête nous permet de nous pencher sur nos chiffres et d’affiner nos recherches et nos statistiques. C’est aussi toujours intéressant d’avoir des éléments de comparaison avec des collectivités similaires. Nous aimerions d’ailleurs disposer d’un rendu encore plus précis, strate par strate. Globalement, nous sommes dans la tendance observée à savoir une stabilisation des effectifs qui va perdurer cette année en raison de la mutualisation des services. S’agissant des départs à la retraite, nous avons initié depuis plusieurs mois une démarche de GPEC ce qui nous permet d’avoir une meilleure vision des flux. ”
Karim Douedar, Directeur général adjoint en charge des ressources, Aulnay-sous-Bois
“ Quelques créations de postes se feront cette année, mais la tendance est plutôt à la stabilisation de nos effectifs, déjà très importants puisque, pour une ville de 80 000 habitants, nous comptabilisons 2 600 paies… Pour certains emplois en pénurie comme les auxiliaires de puériculture, nous essayons de recourir aux emplois aidés même si les dispositifs sont mal ou pas connus : nous en avons ainsi créé deux depuis mai dernier. Les éléments qui se dégagent de cette étude nous rassurent donc, notamment sur notre capacité à recruter. En revanche, ce serait bien d’avoir également des ratios de gestion des ressources humaines par strate. ”
Sophie Chomet, Directrice des ressources humaines, Conseil régional du Languedoc-Roussillon
“ Nous embaucherons dans une moindre mesure que les années passées en raison notamment de la fin des transferts.Toutefois, nous connaissons un contexte démographique particulier qui a des conséquences sur les ressources humaines. La région voit sa population augmenter régulièrement et de nouveaux lycées sont par exemple créés ce qui engendre un besoin de personnels. Des recrutements seront aussi effectués en fonction des départs à la retraite. Le contexte économique et fiscal nous oblige par ailleurs à une maîtrise de notre masse salariale. Enfin, nous nous inscrivons dans une politique de réduction des non titulaires et nous parvenons tout à fait à trouver des statutaires de qualité. ”
Jacques Ferstenbert, Administrateur et délégué régional du CNFPT
Quel regard portez-vous sur cette note de conjoncture ?
Avec cette note de conjoncture sur l’emploi territorial, les décideurs disposent d’un outil très précieux qui leur permet d’analyser, de comparer et d’anticiper. Quant au fond, la note de conjoncture, arrêtée au 1er janvier 2009, confirme ce qu’on supposait empiriquement et elle comporte donc des enseignements qui n’étonnent pas. Elle fournit toutefois des explications à l’augmentation de la proportion des titulaires, ce qui réjouira les défenseurs du statut, dont je suis évidemment. Mais elle exprime aussi indirectement une réalité qui va à l’encontre d’idées reçues qui véhiculent le sentiment que le phénomène de la contractualisation serait massif et en forte progression dans la fonction publique territoriale.
Que pensez-vous de l’impact de la crise économique sur les collectivités ?
Franchement, je ne vois pas encore, dans les données chiffrées, les effets de la crise économique. Cette crise s’exprime plutôt dans les inquiétudes des collectivités interrogées. Mon sentiment est qu’on n’a encore rien vu de ses effets. C’est d’ailleurs une double crise que les collectivités ont à redouter. Une crise économique dont les conséquences sont, pour l’essentiel, différées et une crise qui résulte de décisions gouvernementales, déjà bien présente dans la baisse des ressources financières, et qui ne manquera pas de s’accentuer. La conjonction de ces deux crises va frapper durement les collectivités et risque de se traduire notamment par le non remplacement de tous les agents qui vont, en grand nombre, partir à la retraite. Si c’est le cas, c’est l’avenir de beaucoup de services publics de proximité qui se trouvera compromis.