Le dossier du mois
L'évolution du secteur petite enfance
Quel est l’état du secteur de la petite enfance, les capacités d’accueil, les besoins en terme de recrutement. Comment les collectivités font-elles face au problème de garde d’enfants, au recrutement de personnel qualifié, et de quels moyens disposent-elles.
Les municipalités qui gérent 64 % des crèches et 45 % des haltes-garderies, ont un rôle prépondérant dans le développement des équipements de la petite enfance Les équipements se multiplient. Concentrés, il y a encore dix ans, dans les grandes agglomérations, les structures se développent aujourd'hui dans les villes moyennes et même dans les communes rurales. Comparée à nos voisins européens, la France se distingue par une grande variété de formules offertes aux parents : crèche collective, crèche familiale, crèche parentale, assistante maternelle ou garde au domicile familial. Les assistantes maternelles prennent en charge plus de 300 000 enfants. Les crèches collectives, familiales ou parentales sont au nombre de 3 500. Un nombre nettement insuffisant à en juger par les demandes d'inscription qui restent insatisfaites. Les crèches collectives sont les plus nombreuses (environ 2 000 crèches pour 130 000 places).
Le diplôme d'auxiliaire de puéricultrice est obligatoire pour au moins la moitié du personnel.
Démultiplier les accueils
Le plan « Petite enfance » du ministre Philippe Bas de novembre 2006 est destiné aux familles ayant des enfants de moins de 3 ans. Ce plan se décline sur une durée de 5 ans dont le but est d’aboutir à la création de 12 000 places d’accueil en crèche par an. Et dans cet objectif, diverses mesures ont été initiées notamment en ce qui concerne les modes d’accueil et les modalités de fonctionnement interne des structures d’accueil des enfants.
L’évolution progressive des besoins des parents, d’une part, et celle des pratiques et préconisations des professionnels, d’autre part, ont généré au cours des cinquante dernières années une forte diversification des modes d’accueil collectif du jeune enfant. Cette diversification s’est accompagnée d’un effort constant visant à garantir la sécurité et la qualité de l’accueil comme à promouvoir le développement de la capacité d’accueil des jeunes enfants. Dans ce cadre, au regard de la législation et de la réglementation, des progrès importants ont été réalisés, pour simplifier et harmoniser les normes relatives à la création et à la gestion de ces structures regroupées.
Le recrutement de personnels qualifiés
L’étude 2007 des Tendances de l’emploi de l’Observatoire de la fonction publique territoriale démontre que le secteur de la petite enfance représentait 12,8 % des recrutements envisagés par les collectivités en 2006, soit une hausse de 6 points par rapport à 2005. Il semble que les difficultés de recrutement dans le secteur de la petite enfance soient avant tout liées à une insuffisance de professionnels qualifiés. Celle-ci s’explique moins par une crise des vocations (on enregistre en moyenne dix candidats pour une place offerte en formation) que par la faiblesse de la formation en cours d’emploi ou par un taux élevé de sortie de ces professions, en partie lié à un manque de perspectives de carrière et de possibilités d’évolution entre les différents métiers. On observe ainsi sur la période 1990-2000 un écart entre le nombre de places de crèche créées (+ 33 %) et le nombre de diplômes délivrés (+ 14 %), les éducateurs de jeunes enfants étant moins concernés par cette insuffisance de professionnalisation que les puéricultrices et les auxiliaires de puériculture.
Les collectivités sont à la recherche de candidats disposant d’une expérience professionnelle dans le secteur de la petite enfance, accompagnée des formations obligatoires pour exercer en crèches. Les diplômes d'État de puéricultrice, d’infirmier ou d’éducateur de jeunes enfants sont les plus attendus. Des compétences ou expériences sont elles aussi requises dans la gestion administrative et financière d’une structure d’accueil petite enfance, dans la gestion de projets et la connaissance de la réglementation liée aux établissements accueillant du public.
Dans la mesure où les professionnels sont généralement peu mobiles et où le nombre d’emplois est stable, les perspectives d’embauche sont faibles et essentiellement liées au renouvellement de la pyramide des âges. Enfin, les concours étant ouverts sur titres, la VAE et la REP ne seront pas sans impact sur l’évolution professionnelle et le fonctionnement du marché de l’emploi. Le métier d’éducateur de jeunes enfants connaît une bonne insertion professionnelle, principalement dans les structures d’accueil de la petite enfance. Les auxiliaires de puériculture, dont le référentiel a évolué et intégré un volet « activités d’éveil », se dirigent de plus en plus vers les structures d’accueil de la petite enfance et se positionnent ainsi sur les mêmes emplois que les personnes titulaires d’un CAP Petite enfance ou d’un BEP Carrières sanitaires et sociales alors que leur rémunération est en moyenne plus élevée. De nombreuses collectivités se sont dotées d’agents de coordination, ou coordinateurs de la petite enfance, qui sont le plus souvent des puéricultrices.
L’action du CNFPT
La loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance renforce le rôle des conseils généraux. Dans ce contexte, le CNFPT, en 2008, développera des formations interprofessionnelles et interinstitutionnelles pour l’ensemble des agents en contact avec des enfants, ainsi que des formations sur l’axe prévention (PMI, ASE, animation, …) conformément aux préconisations de la nouvelle loi, et consolidera les formations relatives au traitement de la maltraitance, au partage de l’information, au travail partenarial.
D’ores et déjà des formations existent dans les délégations, notamment consacrées à la vie à la crèche (le sommeil, la nutrition, l'éveil). Leurs thématiques sont très diverses : (l'accueil à l'enfant, telles, l'enfant handicapé ou de culture différente), les relations parents/professionnels, développement psychologique, psychomoteur, la maltraitance, l'analyse des pratiques de certains métiers (auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants), les cycles professionnels de directeurs et coordonnateurs petite enfance, l'analyse des besoins des populations en matière d'accueil, le projet éducatif, ou d'établissement, l'animation d'un relais d'assistances maternelles, l'accueil des parents dans les structures petite enfance, ou encore la parentalité.
La délégation régionale PACA, pour la deuxième année consécutive, organise les 22 et 23 novembre à Aubagne un colloque national consacré à l’enfant dans la cité*. En s’inscrivant dans une dynamique de réseaux, cette deuxième rencontre cherche à capitaliser les acquis des travaux qui se sont engagés depuis 2005, pour les proposer à un large public de professionnels des collectivités, de chercheurs et de décideurs locaux.
Compte tenu de sa qualité d'organisme de formation (expertise sur les métiers territoriaux, ses réseaux professionnels), le CNFPT a décidé de créer, avec le conseil régional d'Ile-de-France, un centre de formation d'apprentis (CFA) pour le métier d’auxiliaire de puériculture. Il sera l'organisme gestionnaire de ce CFA qui sera implanté à Issy-les-Moulineaux et proposera dès janvier 2008 la préparation au diplôme d'auxiliaire de puériculture (DPAP). Il concernera 150 apprentis dans un premier temps (voir article page 6).
* www.paca.cnfpt.fr
**VAE : validation des acquis
de l’expérience
***REP : reconnaissance de l’expérience professionnelle
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