Evelyne Muller, assistante sociale en polyvalence de secteur, conseil général de la Moselle
“ Les travailleurs sociaux de terrain ne sont pas confrontés quotidiennement à ces situations de violences conjugales qui peuvent être verbales, psychologiques ou physiques. Mais lorsque c’est le cas, ils se sentent démunis face à ces victimes en souffrance, en détresse. C’est la première fois que je notais ce thème de la violence conjugale abordé aussi précisément dans le cadre d’une formation. Celle-ci nous a permis de prendre du recul par rapport à notre quotidien, de faire le point sur nos processus d’intervention et d’analyser nos pratiques. La réflexion entre professionnels de divers services et lieux d’intervention avec le concours d’un professionnel compétent s’est avérée particulièrement constructive et enrichissante. ”
Nadette Ferry, Psychologue, conseillère conjugale et familiale, formatrice
“ Pour un travailleur social il y a deux façons d’être confronté professionnellement à des situations de violence conjugale : être sollicité pour une aide active ou concrète et là, les faits sont révélés ou tout au moins partiellement, et… avoir des doutes sur le climat d’un accompagnement. Il est important d’apprendre à décrypter les signes des différentes formes de violence (psychologique, verbale, économique, physique, sexuelle) pour repérer précocement des situations avant qu’elles ne dégénèrent dramatiquement. Savoir intervenir, en préventif ou en urgence, permet de se situer avec du recul, de mettre des mots sur le vécu d’une victime, de poser le cadre de la loi, et de limiter ainsi les conséquences préjudiciables pour tous. La violence conjugale plus on en parle, mieux on s’en sort. ”
Joëlle Huguenel, éducatrice, responsable accueillante dans un lieu d’accueil parents-enfant municipal à Strasbourg
“ Nous accueillons les enfants accompagnés d’un adulte, le plus souvent de leur maman. A une certaine période, plus de la moitié des femmes qui venaient à l’accueil subissaient des violences au sein de leur foyer. Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’elles considéraient cela normal, banal. Notre travail consiste d’abord à instaurer un climat de confiance et de sécurité pour qu’elles parviennent à parler. Nous les aidons principalement à rétablir une image positive d’elles-mêmes car ces femmes sont sans désir personnel et se dévalorisent constamment. Enfin, on leur présente tous les recours possibles qui existent et on les soutient dans leurs démarches. Mais ça ne sert à rien de faire à leur place, ce que le stage sur les violences conjugales nous a confirmé. ”
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