Interview 
Michel Ducloux, médecin, président du conseil national de l'ordre des médecins
Quelle est la spécificité de la médecine territoriale ?
La profession de médecins territoriaux est méconnue, y compris par les médecins eux-mêmes. Il faut reconnaître cette spécialité. Ces médecins travaillent dans un domaine qui est très varié. À l'heure actuelle, d'un point de vue général en terme de médecine, on ne sait plus bien où on en est. Les activités des médecins territoriaux sont multipliées, diversifiées. Ils sont par ailleurs confrontés à la décentralisation, au domaine médico-sportif, aux problèmes d'exclusion, handicapés. La plus grosse difficulté concerne le vieillissement de la population et l'aide aux personnes âgées qui en découle.
« Il faut travailler ensemble, organiser les réseaux avec la conviction d'améliorer la santé publique. »
Qu'en est-il de la formation des médecins territoriaux ?
Ces journées de débats sont parfaitement adaptées. La diversité des tâches ne permet pas d'être au courant de tout. Par exemple, pour l'exclusion, il ne faut pas négliger le facteur humain. Les médecins territoriaux ont les mêmes impératifs déontologiques que les autres médecins et sont soumis aux mêmes exigences tels que le secret médical, l'indépendance, le fait d'éviter toute discrimination, la gestion des personnes vulnérables. L'article 14 du code de déontologie les oblige à intervenir. Concernant l'indépendance des médecins, il faut aussi savoir que face aux employeurs elle entraîne forcément une responsabilité. Leur tâche est complexe, très étendue. Il faut travailler ensemble, organiser les réseaux, avec la conviction d'améliorer la santé publique. Il est bon d'avoir des passerelles, de pouvoir exercer dans d'autres domaines. Lorsque j'exerçais dans le Nord j'étais souvent en contact avec les responsables de conseils généraux, et nous préparions ensemble des actions de sensibilisation sur des domaines qui touchent la population comme le tabagisme. Aussi, je suis très heureux d'avoir pu participer à ces journées, d'avoir pu échanger avec les médecins territoriaux.